|
4. Cibler la production
scientifique selon
les priorités de l’économie et les attentes de la
société
|
|
|
La production de la connaissance est l’une des fonctions
majeures de l’université
L’innovation technologique : locomotive de l’université
Taux élevé des diplômés en sciences et ingénierie pour la
tranche d’âge 20-29
|
70. En vue de la construction de la
société du savoir, les investissements de la recherche scientifique
durant le 10ème Plan de Développement (2002-2006),
atteindront 513,5 M.D, alors qu’ils ne dépassaient pas 98 MD. dans
le cadre du Plan précédent.
D’autre part, le domaine des
technologies de la communication et de l’information représentera 7%
du PIB d’ici 2006, contre 3,4% seulement au terme du 9ème
Plan.
Selon le même ordre de projections, le
nombre de sites web passera de 1300 en 2001, à 20.000 en 2006, et le
nombre d’abonnements à l’Internet passera de 460.000 en 2001 à deux
millions en 2006. Dans la même période, le nombre de ménages
branchés connaîtra, quant à lui, une forte hausse (de 2,9% en 2001 à
30%).
71. La production de la connaissance
est l’une des fonctions majeures de l’université. Cette fonction
gagnerait à être consolidée et valorisée.
72. Cette fonction s’avère de plus en
plus importante dans un monde où la compétition est fondée sur
l’innovation.
L’un des objectifs stratégiques de la
Tunisie est de faire de l’innovation technologique la locomotive
tirant les différents secteurs de la formation, et activant la
création d’entreprises dans les créneaux d’avenir.
73. La Tunisie est aujourd’hui dotée
d’un solide capital humain, qu’il faudrait dorénavant mieux mettre à
contribution. En effet, le nombre d’enseignants permanents est de
13.000, dont 3000 contractuels. S’y ajoutent nombre d’enseignants
vacataires.
74. La comparaison avec les indicateurs
de l’innovation technologique de l’Union Européenne montre que les
ressources humaines tunisiennes sont particulièrement importantes,
dans le domaine scientifique et technologique.
En effet, le taux des diplômés en
sciences et ingénierie pour la tranche d’âge 20-29 ans est
aujourd’hui de 5,7 ‰, ce qui dépasse la moitié de l’actuelle moyenne
de l’Union Européenne, qui est de 10,4 ‰. Néanmoins, il est
supérieur aux taux de la Grèce (3,8‰), de l’Italie (5,6‰), et est
proche de celui du Portugal (6,2‰), et de l’Allemagne (8,2‰). Le
taux tunisien atteindra environ 13‰ en 2010. Ce qui constitue un
acquis considérable à valoriser.
75. Il importe en revanche d’améliorer
certains indicateurs, selon le Tableau de bord suivant :
|
|
Positionnement de la Tunisie dans le Tableau
de l’Innovation
Technologique de l’Union Européenne (2OO2 )

Source : EUROSTAT 2002
Tableau de bord européen de l’innovation.
|
|
Investir dans la formation des formateurs
|
76. La Tunisie continue à investir dans
la formation des enseignants-chercheurs. En résulte que le nombre
d’étudiants inscrits aux mastères et aux doctorats s’est amélioré,
passant de 8620 étudiants inscrits en mastère en 2001 à 11.250 et de
2350 doctorants à 2600.
En 2010, le nombre prévu est de 15.000
inscrits en mastère et de 5.600 doctorants. Le nombre de diplômés
sera de 2700 pour le mastère et de 850 docteurs.
Quant aux besoins en enseignants, ils
seront en hausse, en particulier dans les domaines innovants, comme
l’indique le schéma suivant :
|
|
Evolution du nombre d’enseignants (2010)

Source : Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche
Scientifique et de la Technologie, 2003 |
|
Pour un taux d’encadrement meilleur
Cibler la recherche académique selon les priorités de notre
économie et notre société
Réorganiser la recherche autour de projets d’innovation
Des chercheurs entrepreneurs
Fédérer les moyens disponibles et accéder aux réseaux de
recherche
Un programme ambitieux pour les technopôles : 10 d’ici 2010
Inculquer à l’étudiant l’esprit d’entreprise
Associer
la profession au choix des mastères et doctorats
Faire
connaître les publications universitaires et faciliter
l’accès aux ressources virtuelles
Un réseau de
liens avec les
compétences
tunisiennes à
l’étranger |
77. Le ministère entend ouvrir de plus
larges horizons aux étudiants étrangers, notamment pour des études
de mastère et de doctorat. Un document sera établi à ce sujet, pour
déterminer les incitations accordées à ce public, en faciliter les
conditions de séjour, et en conforter la contribution à la
recherche-développement, ainsi qu’aux recherches académiques.
78. Grâce à des mesures d’urgence
prises en 1999, date du programme d’avenir du chef de l’Etat, le
taux d’encadrement universitaire s’est amélioré, toutes disciplines
confondues, y compris la médecine. Le taux actuel d’encadrement est
d’un enseignant pour 21 étudiants.
79. Outre leur fonction pédagogique,
ces enseignants, de différents grades, s’acquittent de travaux de
recherche à caractère académique ou appliqué. Maintes mesures ont
été prises pour dynamiser la recherche, et mieux la cibler selon les
priorités nationales, ainsi que pour la publication des recherches
académiques et la valorisation des résultats de la
recherche-développement.
80. La recherche scientifique a été
organisée d’une manière horizontale, entre différents ministères,
dans le cadre de laboratoires et d’unités de recherche. On compte
aujourd’hui 110 laboratoires et 408 unités. En 2006, nous aurons 198 laboratoires et 800
unités de recherche.
Ces structures comportent plus de 4500
chercheurs, et 3400 étudiants en mastères et doctorants. Elles
seront axées sur des projets précis d’innovation technologique, avec
la participation de différents acteurs économiques, et réalisés sur
la base de cahiers de charges déterminant les objectifs de la
recherche, les résultats attendus, l’impact économique, les
modalités d’évaluation, ainsi que les échéances.
81. Il y a actuellement 8 centres de
recherche dépendants du ministère. Ils seront 11 fin 2003. Leurs
champs d’intérêt sont la biotechnologie, les sciences de la mer, la
physique- chimie, l’énergie, l’eau, les terres arides, et les études
économiques et sociales.
Ces centres comportent 212 chercheurs
permanents, et 263 chercheurs occasionnels (étudiants de 3ème
cycle et doctorants).
Sur le modèle de l’actuelle réforme des
laboratoires et unités de recherche, des projets précis d’innovation
technologique seront élaborés en faveur de ces centres de recherche,
avec, d’emblée, la participation, dans le cadre de consortium, ou
individuellement, d’entreprises économiques intéressées, ou de
centres techniques. Le partenariat international avec des
établissements étrangers sera également mis à contribution. Des
cahiers de charges préciseront les délais d’exécution et des droits
de chaque partie entre autres en matière de brevets.
82. Des décrets ont été publiés
autorisant les enseignants-chercheurs à se consacrer à la recherche,
à plein temps ou à mi-temps, établissant la possibilité pour les
chercheurs d’être actionnaires dans les entreprises innovantes, et
de faire partie de leurs Conseils d’administration.
Il a été décidé de donner la priorité
aux unités de services communs pour la recherche et à
l’interconnexion, via Internet, des réseaux de recherche au réseau
européen Géant en 2004. D’autre part, l’approche tunisienne, visant
à promouvoir la recherche, retiendra de nouveaux mécanismes incitant
au dépôt de brevets.
83. Le chef de l’Etat a déterminé un
programme ambitieux pour les technopôles en décidant la création de
10 technopôles d’ici fin 2010. Les sites de six technopôles ont déjà
été choisis, leurs activités prioritaires ont été identifiées et les
composantes de chaque technopôle seront implantées progressivement.
Ces structures s’ajouteront à la technopôle de Ghezala, spécialisée
dans les technologies de la communication.
84. Le ministère entend généraliser les
pépinières d’entreprises, en les implantant autour des institutions
de l’enseignement supérieur, et de la recherche scientifique, dans
différents domaines, y compris les humanités. Un réseau de
pépinières sera conçu, avec l’échéancier de leur création, en
collaboration avec les ministères de l’industrie, de l’emploi, du
développement et de la coopération internationale.
85. Des Agences de la Banque Tunisienne
de Solidarité (BTS) ont déjà été créées dans les grands campus
universitaires, et autour des pépinières, aux universités de Manar à
Tunis, et de Sfax. Cette expérience sera généralisée.
D’autre part, des succursales de
l’Agence Nationale de l’Emploi seront implantées dans les grands
ensembles universitaires. Ces structures seront, si possible,
mobiles, pour être proches des étudiants, leur fournissant les
informations sur la conception des projets et les incitations. Elles
organiseront des séminaires pour les étudiants des classes
terminales.
86. Des clubs d’étudiants seront créés
au sujet de l’employabilité et de la création d’entreprises, avec le
concours de tous les acteurs concernés, banques, et professionnels,
pour une meilleure circulation de l’information à propos des projets
innovants et la création d’une véritable culture entrepreneuriale à
l’université.
87. Les universités ont été appelées à
informer les commissions chargées du mastère et des études
doctorales, et les départements, des priorités économiques et
sociales de la Tunisie, pour que nos chercheurs s’en inspirent dans
le choix de leurs sujets de mémoire et de thèses.
Pour faciliter cette interaction, les
universités gagneraient à conclure des accords avec les ministères
concernés, les instances officielles, les organisations
professionnelles, afin de mieux faire apparaître les priorités et de
puiser l’information aux bonnes sources. Il s’agit de mieux cibler
les recherches académiques, de manière à les rendre plus directement
utiles, tout en en préservant le niveau scientifique.
88. Les sites web du ministère, des
universités et des centres de recherche seront de bons outils de
diffusion de l’information, sur les priorités de la recherche, les
recherches en cours et les publication scientifiques.
89. Le ministère a mis au point une
méthodologie visant à faire connaître largement les publications
universitaires, et leur exploitation dans les domaines de
l’innovation ainsi qu’à d’autres fins sociales.
La fonction du CNUDST (Centre National
Universitaire de Documentation Scientifique et Technique) est de
promouvoir la bibliothèque virtuelle qui atteindra 6000 abonnements
électroniques aux périodiques scientifiques en 2006. Ce Centre est
en train de créer une banque de données sur toutes les composantes
de la production scientifique, y compris les thèses de doctorat, et
les mémoires de mastères et de fin d’études.
90. Les universités ont également été
appelées à porter un intérêt soutenu aux colloques, dont le nombre
augmente de plus en plus, pour en assurer une meilleure gestion, et
en valoriser les résultats à des fins académiques ou de
développement. Ces rencontres scientifiques peuvent offrir des
opportunités de partenariat avec des universités étrangères, et des
possibilités d’associer les plus grands savants du monde.
91. Les compétences tunisiennes à
l’étranger bénéficient d’un intérêt particulier. A cet effet, une
cellule spéciale a été créée au Cabinet du ministre afin de mettre
au point un réseau de liens avec ces compétences, enseignants-
chercheurs, chercheurs exerçant dans des centres de recherche ou de
grandes entreprises. La finalité n’est pas leur retour définitif.
Mais, de les mettre en relation avec nos universités et centres de
recherche, de façon que pendant de courtes durées ils puissent
assurer un enseignement en tant que professeurs-visiteurs, ou qu’ils
encadrent des travaux de recherche, ou favorisent des opportunités
de stages à l’étranger au profit d’étudiants tunisiens.
Au cours de l’année 2002, 87
compétences nationales ont été invitées. Ce qui a conduit à la
signature des nouveaux contrats incitatifs, et a stimulé l’intérêt
des universités.
|
|