Le savoir,

une ambition pour l’avenir

              

Stratégie de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche

Scientifique et de la Technologie

2010


- Introduction

- Ambitions et défis
-
Ouvrir les horizons et assurer l’égalité des chances
-
Une stratégie consensuelle à  faire connaître
-
Référentiels et indicateurs

1. Favoriser la réussite des étudiants : promotion de tous par le savoir

2. Faire de l’ employabilité des diplômés  la première priorité
Préparer à des métiers changeants et à une économie mondialisée
3. Veiller à la rénovation pédagogique : faire de la pédagogie une industrie  prometteuse

4. Cibler la production scientifique selon les priorités de l’économie et les attentes de la société

5. S’engager dans un partenariat efficient, dans une économie ouverte  et un espace globalisé 6. Assurer la pérennité du financement : davantage d’investissements privés

- Conclusion

Rejoindre les pays les plus avancés


4. Cibler la production scientifique selon
les priorités de l’économie et les attentes de la société

 

 

 

 

 

 


 

 

La production de la connaissance est l’une des fonctions majeures de l’université

L’innovation technologique : locomotive de l’université

 

 

 

 


 

 

 

Taux élevé des diplômés en sciences et ingénierie pour la tranche d’âge 20-29

70. En vue de la construction de la société du savoir, les investissements de la recherche scientifique durant le 10ème Plan de Développement (2002-2006), atteindront 513,5 M.D, alors qu’ils ne dépassaient pas 98 MD. dans le cadre du Plan précédent.

D’autre part, le domaine des technologies de la communication et de l’information représentera 7% du PIB d’ici 2006, contre 3,4% seulement au terme du 9ème Plan.

Selon le même ordre de projections, le nombre de sites web passera de 1300 en 2001, à 20.000 en 2006, et le nombre d’abonnements à l’Internet passera de 460.000 en 2001 à deux millions en 2006. Dans la même période, le nombre de ménages branchés connaîtra, quant à lui, une forte hausse (de 2,9% en 2001 à 30%).

71. La production de la connaissance est l’une des fonctions majeures de l’université. Cette fonction gagnerait à être consolidée et valorisée.

72. Cette fonction s’avère de plus en plus importante dans un monde où la compétition est fondée sur l’innovation.

L’un des objectifs stratégiques de la Tunisie est de faire de l’innovation technologique la locomotive tirant les différents secteurs de la formation, et activant la création d’entreprises dans les créneaux d’avenir.

73. La Tunisie est aujourd’hui dotée d’un solide capital humain, qu’il faudrait dorénavant mieux mettre à contribution. En effet, le nombre d’enseignants permanents est de 13.000, dont 3000 contractuels. S’y ajoutent nombre d’enseignants vacataires.

74. La comparaison avec les indicateurs de l’innovation technologique de l’Union Européenne montre que les ressources humaines tunisiennes sont particulièrement importantes, dans le domaine scientifique et technologique.

En effet, le taux des diplômés en sciences et ingénierie pour la tranche d’âge 20-29 ans est aujourd’hui de 5,7 ‰, ce qui dépasse la moitié de l’actuelle moyenne de l’Union Européenne, qui est de 10,4 ‰. Néanmoins, il est supérieur aux taux de la Grèce (3,8‰), de l’Italie (5,6‰), et est proche de celui du Portugal (6,2‰), et de l’Allemagne (8,2‰). Le taux tunisien atteindra environ 13‰ en 2010. Ce qui constitue un acquis considérable à valoriser.

75. Il importe en revanche d’améliorer certains indicateurs, selon le Tableau de bord suivant :

Positionnement de la Tunisie dans le Tableau de l’Innovation
Technologique de l’Union Européenne (2OO2
)

Source : EUROSTAT 2002
Tableau de bord européen de l’innovation.

 

 

Investir dans la formation des formateurs

76. La Tunisie continue à investir dans la formation des enseignants-chercheurs. En résulte que le nombre d’étudiants inscrits aux mastères et aux doctorats s’est amélioré, passant de 8620 étudiants inscrits en mastère en 2001 à 11.250 et de 2350 doctorants à 2600.

En 2010, le nombre prévu est de 15.000 inscrits en mastère et de 5.600 doctorants. Le nombre de diplômés sera de 2700 pour le mastère et de 850 docteurs.

Quant aux besoins en enseignants, ils seront en hausse, en particulier dans les domaines innovants, comme l’indique le schéma suivant :

Evolution du nombre d’enseignants (2010)
 

Source : Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Technologie, 2003

 


 

 

 

Pour un taux d’encadrement meilleur

 


Cibler la recherche académique selon les priorités de notre économie et notre société


 




Réorganiser la recherche autour de projets d’innovation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

Des chercheurs entrepreneurs

 

Fédérer les moyens disponibles et accéder aux réseaux de recherche

 

Un programme ambitieux pour les technopôles : 10 d’ici 2010

 

 

Inculquer à l’étudiant l’esprit d’entreprise

 

 

 

 

 

 


 

 

Associer la profession au choix des mastères et doctorats

 

 

 

 

 

 

 



Faire
connaître les publications universitaires et faciliter l’accès aux ressources virtuelles

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

                            Un réseau de
                           liens avec les
                           compétences
                           tunisiennes à
                           l’étranger

77. Le ministère entend ouvrir de plus larges horizons aux étudiants étrangers, notamment pour des études de mastère et de doctorat. Un document sera établi à ce sujet, pour déterminer les incitations accordées à ce public, en faciliter les conditions de séjour, et en conforter la contribution à la recherche-développement, ainsi qu’aux recherches académiques.

78. Grâce à des mesures d’urgence prises en 1999, date du programme d’avenir du chef de l’Etat, le taux d’encadrement universitaire s’est amélioré, toutes disciplines confondues, y compris la médecine. Le taux actuel d’encadrement est d’un enseignant pour 21 étudiants.

79. Outre leur fonction pédagogique, ces enseignants, de différents grades, s’acquittent de travaux de recherche à caractère académique ou appliqué. Maintes mesures ont été prises pour dynamiser la recherche, et mieux la cibler selon les priorités nationales, ainsi que pour la publication des recherches académiques et la valorisation des résultats de la recherche-développement.

80. La recherche scientifique a été organisée d’une manière horizontale, entre différents ministères, dans le cadre de laboratoires et d’unités de recherche. On compte aujourd’hui 110 laboratoires et 408 unités. En 2006, nous aurons 198 laboratoires et 800 unités de recherche.

Ces structures comportent plus de 4500 chercheurs, et 3400 étudiants en mastères et doctorants. Elles seront axées sur des projets précis d’innovation technologique, avec la participation de différents acteurs économiques, et réalisés sur la base de cahiers de charges déterminant les objectifs de la recherche, les résultats attendus, l’impact économique, les modalités d’évaluation, ainsi que les échéances.

81. Il y a actuellement 8 centres de recherche dépendants du ministère. Ils seront 11 fin 2003. Leurs champs d’intérêt sont la biotechnologie, les sciences de la mer, la physique- chimie, l’énergie, l’eau, les terres arides, et les études économiques et sociales.

Ces centres comportent 212 chercheurs permanents, et 263 chercheurs occasionnels (étudiants de 3ème cycle et doctorants).

Sur le modèle de l’actuelle réforme des laboratoires et unités de recherche, des projets précis d’innovation technologique seront élaborés en faveur de ces centres de recherche, avec, d’emblée, la participation, dans le cadre de consortium, ou individuellement,  d’entreprises économiques intéressées, ou de centres techniques. Le partenariat international avec des établissements étrangers sera également mis à contribution. Des cahiers de charges préciseront les délais d’exécution et des droits de chaque partie entre autres en matière de brevets.

82. Des décrets ont été publiés autorisant les enseignants-chercheurs à se consacrer à la recherche, à plein temps ou à mi-temps, établissant la possibilité pour les chercheurs d’être actionnaires dans les entreprises innovantes, et de faire partie de leurs Conseils d’administration.

Il a été décidé de donner la priorité aux unités de services communs pour la recherche et à l’interconnexion, via Internet, des réseaux de recherche au réseau européen Géant en 2004. D’autre part, l’approche tunisienne, visant à promouvoir la recherche, retiendra de nouveaux mécanismes incitant au dépôt de brevets.

83. Le chef de l’Etat a déterminé un programme ambitieux pour les technopôles en décidant la création de 10 technopôles d’ici fin 2010. Les sites de six technopôles ont déjà été choisis, leurs activités prioritaires ont été identifiées et les composantes de chaque technopôle seront implantées progressivement. Ces structures s’ajouteront à la technopôle de Ghezala, spécialisée dans les technologies de la communication.

84. Le ministère entend généraliser les pépinières d’entreprises, en les implantant autour des institutions de l’enseignement supérieur, et de la recherche scientifique, dans différents domaines, y compris les humanités. Un réseau de pépinières sera conçu, avec l’échéancier de leur création, en collaboration avec les ministères de l’industrie, de l’emploi, du développement et de la coopération internationale.

85. Des Agences de la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS) ont déjà été créées dans les grands campus universitaires, et autour des pépinières, aux universités de Manar à Tunis, et de Sfax. Cette expérience sera généralisée.

D’autre part, des succursales de l’Agence Nationale de l’Emploi seront implantées dans les grands ensembles universitaires. Ces structures seront, si possible, mobiles, pour être proches des étudiants, leur fournissant les informations sur la conception des projets et les incitations. Elles organiseront des séminaires pour les étudiants des classes terminales.

86. Des clubs d’étudiants seront créés au sujet de l’employabilité et de la création d’entreprises, avec le concours de tous les acteurs concernés, banques, et professionnels, pour une meilleure circulation de l’information à propos des projets innovants et la création d’une véritable culture entrepreneuriale à l’université.

87. Les universités ont été appelées à informer les commissions chargées du mastère et des études doctorales, et les départements, des priorités économiques et sociales de la Tunisie, pour que nos chercheurs s’en inspirent dans le choix de leurs sujets de mémoire et de thèses.

Pour faciliter cette interaction, les universités gagneraient à conclure des accords avec les ministères concernés, les instances officielles, les organisations professionnelles, afin de mieux faire apparaître les priorités et de puiser l’information aux bonnes sources. Il s’agit de mieux cibler les recherches académiques, de manière à les rendre plus directement utiles, tout en en préservant le niveau scientifique.

88. Les sites web du ministère, des universités et des centres de recherche seront de bons outils de diffusion de l’information, sur les priorités de la recherche, les recherches en cours et les publication scientifiques.

89. Le ministère a mis au point une méthodologie visant à faire connaître largement les publications universitaires, et leur exploitation dans les domaines de l’innovation ainsi qu’à d’autres fins sociales.

La fonction du CNUDST (Centre National Universitaire de Documentation Scientifique et Technique) est de promouvoir la bibliothèque virtuelle qui atteindra 6000 abonnements électroniques aux périodiques scientifiques en 2006. Ce Centre est en train de créer une banque de données sur toutes les composantes de la production scientifique, y compris les thèses de doctorat, et les mémoires de mastères et de fin d’études.

90. Les universités ont également été appelées à porter un intérêt soutenu aux colloques, dont le nombre augmente de plus en plus, pour en assurer une meilleure gestion, et en valoriser les résultats à des fins académiques ou de développement. Ces rencontres scientifiques peuvent offrir des opportunités de partenariat avec des universités étrangères, et des possibilités d’associer les plus grands savants du monde.

91. Les compétences tunisiennes à l’étranger bénéficient d’un intérêt particulier. A cet effet, une cellule spéciale a été créée au Cabinet du ministre afin de mettre au point un réseau de liens avec ces compétences, enseignants- chercheurs, chercheurs exerçant dans des centres de recherche ou de grandes entreprises. La finalité n’est pas leur retour définitif. Mais, de les mettre en relation avec nos universités et centres de recherche, de façon que pendant de courtes durées ils puissent assurer un enseignement en tant que professeurs-visiteurs, ou qu’ils encadrent des travaux de recherche, ou favorisent des opportunités de stages à l’étranger au profit d’étudiants tunisiens.

Au cours de l’année 2002, 87 compétences nationales ont été invitées. Ce qui a conduit à la signature des nouveaux contrats incitatifs, et a stimulé l’intérêt des universités.


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