Le savoir,

une ambition pour l’avenir

              

Stratégie de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche

Scientifique et de la Technologie

2010


- Introduction

- Ambitions et défis
-
Ouvrir les horizons et assurer l’égalité des chances
-
Une stratégie consensuelle à  faire connaître
-
Référentiels et indicateurs

1. Favoriser la réussite des étudiants : promotion de tous par le savoir

2. Faire de l’ employabilité des diplômés  la première priorité
Préparer à des métiers changeants et à une économie mondialisée
3. Veiller à la rénovation pédagogique : faire de la pédagogie une industrie  prometteuse

4. Cibler la production scientifique selon les priorités de l’économie et les attentes de la société

5. S’engager dans un partenariat efficient, dans une économie ouverte  et un espace globalisé 6. Assurer la pérennité du financement : davantage d’investissements privés

- Conclusion

Rejoindre les pays les plus avancés


Ambitions et défis


Se rapprocher des indicateurs des pays les plus développés à l’horizon 2020

 

 

 

 

 

 



 

La principale richesse de la Tunisie est son potentiel humain

 

 

 

 

Des défis de taille, mais aussi des opportunités sans précédent pour bâtir une économie du savoir

1. La Tunisie aspire à la convergence avec les indicateurs de développement et d’innovation des pays les plus développés, à l’horizon des deux premières décennies de ce siècle. Elle travaille d’arrache-pied sur tous les plans pour accélérer ce processus.

2. Cette ambition est l’aboutissement d’une série de conquêtes. Les importantes performances que notre pays a réalisées dans plusieurs domaines l’habilitent à se transcender, pour atteindre des degrés plus élevés de développement.

En effet, la moyenne de croissance a avoisiné 5% durant les cinq années écoulées, en dépit de quatre ans de sécheresse, et des crises mondiales ayant eu des impacts sur le tourisme, l’investissement étranger et l’exportation.

D’autres chiffres méritent d’être relatés : le revenu individuel annuel supérieur à 3000 dinars. Ramené à la PPA, il est de 6000 dinars (1 dollar US = 1,250 dinars). L’espérance de vie est à 73 ans, la pauvreté au-dessous de 4%. Limité aux personnes âgées, l’analphabétisme ne dépasse plus 24%, et régressera à 17% fin 2006.

3. La Tunisie n’a pas de meilleure ressource que son potentiel humain. Elle y a investi depuis l’indépendance, avec une moyenne annuelle supérieure à 6% du PIB et au quart du budget de l’Etat.

Aujourd’hui, tout en cueillant les fruits de cet investissement, elle élabore de nouvelles alternatives afin d’élargir la population bénéficiaire de l’enseignement, limiter l’échec et l’abandon, ouvrir les horizons du retour et des formations continue et complémentaire, faire évoluer les apprenants de manière à les doter de diplômes supérieurs, et conforter progressivement l’apprentissage tout au long de la vie.

4. Cependant, les défis sont de taille. Comment financer ces flux grandissants d’étudiants ? Comment assurer à nos diplômés des opportunités d’emploi et de création d’entreprises ? Comment favoriser le climat de l’innovation, attirer les capitaux, les compétences, et assurer une synergie universités-industries ?

5. La période cruciale s’étalerait jusqu’à 2011 en termes de flux entrants d’étudiants, et jusqu’à 2014 pour l’emploi des diplômés. Comme le montre la courbe d’évolution 2030, le point culminant serait atteint en 2011 avec environ 500.000 étudiants, si bien que la décongestion commencerait après cette date et qu’en 2015, la Tunisie aurait le chiffre de 2008 (450.000 étudiants) et en 2029, le chiffre de 2004, uniquement 330.000.

6. Quant aux diplômés, leur nombre sera en augmentation, parallèlement aux effectifs-étudiants et atteindra son maximum en 2014, en plafonnant à 101.211, conséquence de l’apogée des flux-étudiants entrants de 2011.

Etudiants et diplômés 2030

Année

Nbre étudiants

Effectifs additionnels

Nbre diplômés

Effectifs additionnels

2001

226102

 

24543

 

2002

262502

+36400

28565

+4022

2003

294000

+31498

35450

+6885

2004

324000

+30000

40850

+5400

2005

354000

+30000

47700

+6850

2006

391000

+37000

53800

+6100

2007

422000

+31000

60250

+6450

2008

452000

+30000

67260

+7010

2009

471000

+19000

75480

+8220

2010

488980

+17980

82850

+7370

2011

492560

+3580

89970

+7120

2012

483160

-9400

96230

+6260

2013

472820

-10340

100210

+3980

2014

462010

-10810

101000

+790

2015

449790

-12220

99610

-1390

2016

436160

-13630

97660

-1950

2017

422060

-14100

95480

-2180

2018

407960

-14100

92940

-2540

2019

395270

-12690

89990

-2950

2020

383990

-11280

86860

-3130

2021

373180

-10810

83850

-3010

2022

363310

-9870

81100

-2750

2023

354850

-8460

78540

-2560

2024

347330

-7520

76140

-2400

2025

342160

-5170

73850

-2290

2026

337930

-4230

71860

-1990

2027

335110

-2820

70180

-1680

2028

333230

-1880

68890

-1290

2029

331820

-1410

67940

-950

Source : Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Technologie, 2003.

7. Néanmoins, ces défis sont, en même temps, des chances pour la Tunisie pour fonder son économie du savoir. Elle sera toujours mieux armée en diplômés, préparés pour les nouveaux métiers et pour une plus grande innovation, avec une pression de flux d’étudiants et de diplômés de moins en moins lourde. Car, comme l’indiquent les graphiques ci-dessous, le nombre de diplômés régressera proportionnellement à la diminution des effectifs-étudiants. En 2030, Le nombre de diplômés sera de l’ordre de 67.940, réduit à celui de 2008.

C’est là un acquis considérable pour le pays et l’économie nouvelle.

Etudiants et diplômés 2030

 Source : Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Technologie, 2003.

Ouvrir les horizons et
assurer l’égalité des chances

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

1% du PIB pour la recherche et l’innovation en 2004

 

 

 

 

 

 

 

Place de la femme à l’université tunisienne

 

 

8. Le principal objectif de la Tunisie est d’ouvrir aux citoyens les horizons de la formation, de l’emploi, de l’investissement et de la création d’entreprises. Il s’agit de créer un milieu favorable, dans un monde qui se libéralise de plus en plus, et une économie en voie de globalisation.

9. L’histoire de la Tunisie, trois fois millénaire, montre que les périodes de prospérité de notre pays, aussi bien à l’époque de Carthage qu’aux dernières phases de l’ère romaine, à celle des Hafsides, ou à d’autres époques, ont coïncidé avec l’ouverture des frontières, l’élargissement des marchés, la maîtrise de l’innovation, ainsi qu’un climat de stabilité et de convivialité.

10. La Tunisie a su se distinguer par sa faculté d’assimilation de toutes les civilisations, sa tolérance ethnique et religieuse depuis les époques les plus reculées, ainsi que par son engagement permanent en faveur de la modernité, dans un contexte régional toujours difficile.

Elle est également attachée à l’équité sociale, au partage des richesses, à l’égalité des chances et à la promotion de la femme. Elle voue un culte à la science, ouvre les horizons au progrès social, à la créativité.

11. Les crédits alloués à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique sont de l’ordre de 1,8% du PIB, dont 1,05% consacré à l’enseignement supérieur, et 0,75% à la recherche scientifique et à l’innovation technologique.

Cet effort s’est poursuivi depuis les premières années de l’indépendance, et s’est consolidé au cours des deux dernières décennies. Un intérêt particulier a été porté à la recherche scientifique et à son renforcement dans le cadre d’une nouvelle approche et d’une meilleure articulation de la recherche scientifique avec les impératifs du développement socio-économique.

Par ailleurs, le concept d’innovation technologique a pris sa place dans les objectifs stratégiques de notre pays. Aussi l’effort de l’Etat consacre-t-il de la manière la plus noble la solidarité des catégories sociales et des générations.

12. La politique éducative qui a contribué à l’émancipation de la femme, permet aujourd’hui de mieux l’intégrer à la vie politique et aux espaces économiques. Elle a également initié d’autres politiques avant-gardistes comme celles du planning familial ou de la santé.

L’enseignement supérieur illustre ce processus par un indicateur tout à fait probant : en 2003, 55,11% des étudiants sont des filles et 38,5% des enseignants universitaires sont des femmes.

Cette structure est en train de réaliser un équilibre social évolué, dotant la femme d’une présence croissante, qui sera doublée dans les années à venir, dans les affaires, l’administration, comme dans les institutions politiques et civiles.

Pourcentage des filles

Source : Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche Scientifique et de la Technologie, 2003.

 

Fonction inclusive de l’université

13. L’investissement dans l’enseignement supérieur et dans l’innovation n’est pas seulement le fondement de la nouvelle économie. La formation et la recherche scientifique assument des d’importantes responsabilités vis-à-vis de la société. Elles contribuent au développement personnel du citoyen pour qu’il ait une vie meilleure et soit un acteur autonome et responsable, et à la promotion sociale de l’individu quel que soit le revenu de sa famille. Aussi l’institution éducative est-elle un signe fort d’équité, un outil de solidarité et d’unité nationale. L’école qui fait du mérite la norme de la compétition et de la consécration, constitue un puissant moyen de justice sociale et de cohésion.

En somme, la formation joue un rôle de premier plan dans l’inclusion sociale, en prévenant la discrimination, l’exclusion, et en ancrant les valeurs républicaines, fondatrices de la société tunisienne, notamment l’ouverture, le dialogue, la tolérance, la jonction équilibrée entre la tradition et la modernité.

Une stratégie consensuelle
à faire connaître

 

14. Cette stratégie n’est pas un fait nouveau. Ses fondements ont été construits depuis des années, d’une manière pragmatique et progressive.

15. La vision s’est clairement cristallisée dans le programme avant-gardiste que le Président Zine El Abidine Ben Ali a proposé au peuple lors de sa réélection en 1999 et qui a bénéficié d’un large consensus.

16. Ce programme sert non seulement de source d’inspiration et de référence, mais également d’outil de coordination, de suivi et d’évaluation.

17. Néanmoins, les mesures d’application et les nouvelles incitations doivent être largement médiatisées en vue d’une réalisation efficace et rapide.

Référentiels et indicateurs

 

 


Se comparer, pour se positionner et mieux évoluer

18. La volonté de convergence avec les pays les plus avancés nous permet d’acquérir un référentiel clair, de nous positionner et de mesurer l’écart qui nous sépare des pays les plus avancés en matière de formation et d’innovation. Notre vision et notre démarche gagnent ainsi en rigueur et en lisibilité.

19. La Tunisie a veillé à réformer son système statistique afin de faciliter les comparaisons avec les pays les plus avancés, au sein de l’OCDE et de l’Union Européenne.

20. En matière d’enseignement supérieur, le ministère a adopté depuis 2001, la grille internationale CITE des domaines de formation, pour évaluer ses choix et ses résultats en comparaison avec les systèmes de formation étrangers. En 2002, elle a adopté les indicateurs du Tableau de bord européen de l’innovation technologique.

 


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